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Steve Wozniak, un personnage légendaire à Montréal

Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, a été reçu par La Chambre de commerce du Montréal métropolitain dans un entretien mythique, organisé dans le cadre de la campagne du plaidoyer pour la prospérité du Québec.

Cet événement hautement couru en ville a été le lieu d’échanges passionnés entre des figures médiatiques parmi lesquelles Pénélope McQuade (Penelopemcquade), Alexandre Taillefer (@taillefer), Denis Talbot (@denistalbot) et Gabriel Bran Lopez (@GBranLopez)  (lire Steve Wozniak à Montréal? Mac Aficionados y sera aussi!).

C’est un Steve Wozniak fort

enjoué et toujours aussi volubile que Mac Aficionados a pu voir et entendre depuis le tout premier rang d’une superbe salle pleine à craquer, riche de plus de 3000 invités, parmi lesquels le maire de Montréal, M. Coderre (@DenisCoderre) et le ministre de l’éducation, M. Bolduc.

Tout au long de l’heure et demie qui a suivie, Steve Wozniak (Woz pour les intimes, comme il aime à le rappeler!)  a pris part à des échanges dynamiques auxquels les participants ont pu participer en soumettant des questions via les réseaux sociaux.

Dans une admirable mise en scène, Steve Wozniak s’est confié à tour de rôle sur ses tous premiers débuts chez Apple avec Penelope, son action entrepreneuriale dont il a su faire preuve, interrogé par Alexandre, son implication moins connue mais tout aussi importante dans le domaine de l’éducation, animée par Gabriel et enfin sa vision du futur avec Denis.

 

La passion de Woz pour le bricolage

Très expressif et admirablement à l’aise avec son public, Woz a mis de l’avant sa passion, dès sa jeunesse, pour le bricolage des machines. Et ce, alors qu’il fondait Apple aux côtés de Steve Jobs, sans jamais avoir pensé à faire de l’argent.

Woz était un ingénieur dans l’âme, passionné qu’il était et qui avait un talent inné pour la fabrication des ordinateurs qu’il aimait bricoler à longueur de journée.

Il pouvait passer des heures entières dans les arcanes des machines, à monter et démonter des circuits, concevoir des transistors et trouver des manières sans cesse plus judicieuses d’optimiser les processus.

D’un intellect brillant, il avoue que ni lui, ni Steve Jobs ne pouvaient prétendre un jour être aussi riches que leurs parents… Steve-Wozniak-Penelope «En 1976, nous voulions construire de bons ordinateurs, utiles, et nous avons démarré une entreprise», avoue-t-il candidement.

«À l’époque, j’étais le seul à avoir un travail chez Hewlett-Packard», se rappelle-il.

«Steve a su transformer quelque chose qui avait été construit par le fruit de la passion (l’ordinateur) en une entreprise lucrative». Lorsque Apple réalisa sa première IPO (offre publique d’achat, ndlr) en décembre 1980, plus de 300 de leurs employés devinrent millionnaires du jour au lendemain.

La voie du succès a été tracée par la constance et la grande compréhension de Steve Jobs de l’électronique. À juste titre, Woz rappelle que:

«Steve n’était pas un ingénieur, mais il avait le sens des affaires.

Très tôt, nous avons été conseillés sur l’importance du packaging et du marketing. C’est ce qui a contribué à nous distinguer des autres jeunes qui avaient pour simple ambition de créer de superbes produits».

Du mythe fondateur à l’entrepreneur

Lorsque Pénélope l’interroge sur les mythes fondateurs autour d’Apple, Woz confirme que le garage n’a été qu’une symbolique: «il n’y avait aucun assemblage qui était fait dans le garage. C’est entré dans le mythe. En fait, Steve faisait le travail… à partir de son lit, avec un téléphone,  à tenter de convaincre les investisseurs d’investir dans une entreprise qui voulait réaliser de superbes produits!».

Quand Alexandre l’interroge sur l’entrepreneuriat, Woz rappelle à quel point il était (et il l’est toujours!) passionné par ce qu’il faisait:

«Rappelez-vous les 3 F vitaux que nous avons suivi: Food, Fun and Friends (la nourriture, le fun et les amis)».

Aux tous débuts, il y avait des spin-offs, nous apprend-il.

«Les jeunes qui sortaient du collège pouvaient aller se former auprès d’entreprises talentueuses et apprendre», tout comme Steve Jobs et son passage remarqué chez Atari.

Et d’y aller d’une confession:

«On naît entrepreneur. C’est quelque chose qu’on a, une passion qui nous anime. Parfois, les gens veulent débuter une entreprise pour concevoir des produits qui répondront aux besoins des autres. Vous devriez débuter une entreprise et concevoir des produits que VOUS aimeriez utiliser. Vous porteriez beaucoup plus d’attention sur les détails, comme Steve l’a fait avec son tout premier ordinateur, l’Apple I.»

Éducation, maths et inspiration

Woz révèle que si l’éducation et l’école sont primordiales, il a énormément appris par lui-même (self-taught), à l’extérieur des salles de classe et des livres, dans la vraie vie.

«J’étais quelqu’un à qui les filles ne parlaient pas, occupé que j’étais à bidouiller. J’étais vraiment un geek. J’ai travaillé sur tellement de projets que j’ai fini par devenir bon à la longue», lance-il sur un ton désinvolte…

Des tournures de phrases amusantes, Woz n’a pas cessé d’en lancer, comme lorsqu’on lui a demandé les créneaux sur lesquels il porterait son attention: «Je crois que tout le monde aimerait être le chien de compagnie, en ce sens que nous aimons que tout nous soit donné!», faisant référence à la manière dont les êtres humains ont tendance à s’appuyer sur l’informatique pour être assistés.

L’intérêt de Woz se porte aussi sur les voitures intelligentes (Apple construirait en secret une voiture autonome afin de concurrencer Google). «@ElonMusk m’a écrit dernièrement. Il a construit ses voitures électroniques pour ses besoins (faisant référence à la mythique entreprise Tesla de voitures 100% électriques) et ceux de sa famille et il les a admirablement construites!», le casque de virtualité augmentée, l’Oculus Rift ou les drones font aussi partie de ses champs d’intérêt.

À la question concernant les ingrédients nécessaires à Montréal pour devenir une Silicon Valley, Woz répond: «Pourquoi vouloir devenir une autre Silicon Valley? Vous savez, la Silicon Valley n’a pas beaucoup changée en une trentaine d’années. Nous sommes passés de la fabrication du hardware au software. Mais ce que vous ignorez peut-être c’est que près de 43% des habitants de la Silicon Valley sont dans l’informatique. Et la diversité est importante. Il faut accepter tout le monde tel qu’il est (…) C’est de là que vient l’innovation».

Lorsque Gabriel monte sur scène, c’est pour mettre en lumière un aspect moins connu de celui qui a été à l’origine de nombreuses implications sociales, notamment dans le domaine de l’éducation.

«J’ai donné beaucoup d’argent pour des causes comme l’éducation. L’argent ne m’intéresse pas»

avoue-t-il. Sa femme, qui a travaillé près de 14 ans chez Apple, dans le volet éducation, l’épaule. «Nous nous complétons». (voir la page Apple et l’éducation).

Quand on lui demande quels conseils il pourrait donner aux jeunes, il insiste sur l’importance des sciences pures:

«Il faut aimer les mathématiques et l’électronique. Les mathématiques permettent de comprendre les problèmes qui nous entourent et de leur apporter des solutions complètes. Tout marche avec des maths!»

Steve-Wozniak-Apple-Mac-Aficionados

Et d’enchérir » «C’est très important l’école. Ça vous donne une crédibilité dans la vie. Le conseil que je peux vous donner: commencez par exceller à l’école et obtenez votre diplôme d’ingénieur ou de mathématicien. Ne vous souciez pas de l’argent. Travaillez fort et soyez prêts à attendre que la chance tourne!».

«Vous devez avoir beaucoup de plaisir dans tout ce que vous faites dans la vie.».

Et quand une question lui est posée sur son sentiment face à l’utilité des jeux vidéos dans l’éducation, il affirme :

«Oui, j’y crois. Je crois à la « gamification » de l’éducation car elle aide à développer une pensée structurée».

Selon Woz, les jeux vidéos contribuent à développer l’effort de pensée stratégique et le goût de la persévérance. On lui demande alors comment il voit l’éducation d’ici une vingtaine d’années:

«Je vois un futur avec des jeunes écoliers connectés en classe en permanence avec des ordinateurs qui sont dotés de sentiments et qui interagissent sans latence. Oui cela peut faire peur!» et d’évoquer l’importance de l’éthique.

«Nous ne pourrons jamais concevoir un cerveau humain. Mais nous interagirons de plus en plus avec les machines qui remplaceront beaucoup d’activités humaines.»

Le futur est en santé

Quand Denis parle avec lui de l’avenir, Steve Wozniak évoque sa vision des montres connectées, prêtes à envahir nos réalités.

Selon lui, la plupart n’offrent pas encore l’ergonomie adéquate, en raison de la petitesse de leur écran et de leur mauvaise réactivité. Mais l’Apple Watch est différente (Apple Watch et Apple Pay: One more thing!) !

«Je l’ai testée et elle est vraiment impressionnante! Vous verrez! On peut faire un tas de choses avec. Elle a été conçue avec le souci de la reconnaissance vocale (Siri, l’arme secrète d’Apple, ndlr) qui supportera beaucoup  plus d’actions dans le futur, tout comme Cortana (de Microsoft) ou Google Voice

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Il envisage aussi beaucoup plus de concurrence dans le secteur de la santé, la pharmaceutique et des vêtements connectés:

«Je crois qu’il y a aujourd’hui beaucoup d’entreprises qui sont en compétition pour résoudre des problématiques similaires. Mais je pense qu’on arrivera un jour avec des appareils électroniques capables de fournir aux individus des diagnostics bien plus complets avant même qu’ils n’aient vu un médecin. Les médecins vont protester, c’est certain. Mais cela risque d’arriver, je le crois».

Mac Aficionados, si vous avez la chance de voir passer le nom de Steve Woz à titre de conférencier près de chez vous, faites le déplacement.

Car comme le dit la pionnière de l’aviation, Amelia Earhart, «Le plus difficile est de se décider à agir, le reste n’est que de la ténacité».

Stay young, stay foolish!